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Qu’est-ce qu’un «dégât de gibier»

Définition

La notion de «dégât» ne se limite pas au seul dommage par prélèvement, lié à la consommation simple des cultures. Elle englobe toutes autres déprédations liées à la fréquentation des parcelles agricoles par le gibier, à savoir:

  • coulées, couches, piétinement,
  • plants de maïs ou de céréales versés, brisés, mais non consommés;
  • sol fouiné et retourné par le sanglier, nécessitant une remise en l’état par l’agriculteur;
  • sol creusé, relief modifié par le blaireau, possibilité d’affaissement du sol lors du passage des engins agricoles (risque de détérioration du matériel) ou du bétail (risque de blessures ou de fractures) ;
  • clôtures abîmées, etc.

Nous retiendrons dans ce dossier une définition très générale du dégât de gibier : « toute action du gibier qui, par sa présence, son prélèvement et/ou son comportement, réduit le rendement, actuel ou futur, quantitatif ou qualitatif, d’une production agricole ».

Conséquences

Les dégâts de gibier entraînent toute une série de conséquences négatives pour le monde agricole – une perte de rendement et donc un manque à gagner pour l’agriculteur – la modification du relief du sol (sanglier surtout), la remontée en surface de pierres et donc

  • une vitesse de travail plus lente;
  • une usure accélérée, voire le bris des machines (faucheuses, etc.). Ici, le lien de cause à effet est parfois difficile à établir lorsque l’origine et l’apparition des dégâts sont éloignés dans le temps ;
  • un surplus de travail pour l’agriculteur et des dépenses pour la remise en état des prairies, le réensemencement des cultures (maïs essentiellement) ;

La récolte d’une production agricole partiellement dépréciée

  • présence de terre dans le fourrage récolté et donc risque de développement de fermentations butyriques et de pourritures dans les silos;
  • apparition d’espèces adventices indésirables et donc détérioration de la qualité du fourrage, de sa valeur fourragère;
  • développement de maladies, de parasites, etc.
  • répercussion sur la production de lait et la santé des animaux;
  • des surfaces ne pouvant plus être remises en état et devenant impropres à l’exploitation;
  • des pertes dues à la réorganisation de l’exploitation (assolement, élevage)
  • l’obligation pour l’agriculteur d’acheter un aliment de remplacement pour son bétail
  • détérioration des relations agriculteurs/chasseurs: climat de tension, stress, conflits, procédures au tribunal, etc.

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Quelles sont les cultures sensibles?

Si toute parcelle agricole, quelle qu’elle soit, est susceptible d’être l’objet de déprédations, ne fusse que par le seul passage du gibier, les cultures les plus touchées seront fonction, en premier lieu, des préférences alimentaires de chaque espèce.

Le tableau ci-dessous relativise l’importance des dégâts en fonction du type de culture et de l’animal en cause:

 PrairiesmaïsCéréalesBetteravesP. deTerre
Sangliers+++++++++++
Cervidés+++++++++
blaireaux++++++++

Légende: + = dégâts limités ++ = dégâts modérés +++=dégâts importants

 

Il ressort de ce tableau que:

  • le sanglier est de loin l’animal le plus destructeur: très actif dans les prairies, le maïs et les céréales, il ne dédaigne pas à l’occasion les betteraves et les pommes de terre;
  • les grands cervidés apprécient les céréales et ont besoin de pâturer. Leurs dégâts en prairies sont constitués d’une « simple » perte de rendement;
  • le blaireau est très friand de maïs. Il est susceptible de commettre de légers dégâts dans les céréales « en lait ».

Le tableau est une photographie de ce qui se passe dans le contexte agro-sylvo-cynégétique actuel, reflétant les types de cultures vers lesquelles les animaux se dirigent le plus volontiers.

La vulnérabilité des différentes cultures est affectée par d’autres paramètres :

  • la richesse du milieu forestier avoisinant les plaines;
  • la distance des cultures par rapport au bois;
  • la politique de nourrissage dans les chasses contiguës;
  • le climat (exemple: les dégâts en maïs sont plus importants lors des années sèches);
  • la nature et l’abondance des autres cultures: les colzas, les moutardes, les cultures maraîchères, peuvent également s’offrir à la dent du gibier!