Derrière le mythe, juste un animal

Dans un ouvrage paru en 2005 aux Etats-Unis, deux chercheurs, ardents défenseurs du loup, démontent en fait une vision idéalisée. Vision qui semble encore dominer en France.

Quelques chiffres… Vingt-cinq ans après la réapparition de deux premiers loups en France (1992), la population de Canis lupusest estimée à 400 individus, voire plus. Les zones de présence permanente (ZPP) étaient de 49 en fin d’hiver 2015-2016 ; elles sont passées à 57 à la sortie de l’hiver 2016-2017. Parmi ces zones, 42 sont constituées en meutes, contre 35 l’hiver précédent. Nombre de brebis massacrées en 2016 : proche de 10 000, en dépit des moyens de protection déployés toutes ces années. Au regard de ces chiffres, ne serait-il pas temps, enfin, que les contempteurs du loup révisent leur lexique, au lieu de le rabâcher ? A ce propos, je m’étonne que le livre de L. David Mech et Luigi Boitani, Behavior, Ecology and Conservation, publié en 2005 aux Etats-Unis, n’ait pas encore été traduit (que je sache) en français. Est-ce parce que ces deux chercheurs, ardents défenseurs du loup depuis trente ans, s’y livrent, notamment, au « démontage» de préjugés en vogue chez les inconditionnels de Canis lupus, après que ces deux éthologues les ont eux-mêmes instillés naguère ?

Extraits : «La société dans son ensemble gagnerait à utiliser davantage, à mieux connaître les données scientifiques relevant du loup, lequel plus que toutes autres espèces est idéalisé, mal compris. Pour le dire crûment, de plus en plus de gens aiment le loup, mais de moins en moins comprennent et mesurent son contexte écologique. Après des décennies de plaidoyer en faveur de la conservation du loup, nous sommes maintenant au défi de réorienter cette adhésion vers un raisonnement plus rationnel, contextualisé enfin, en prenant en compte non seulement le loup, mais aussi tout son environnement, y compris les intérêts légitimes de l’homme.» A propos du loup taxé d’«espèce parapluie», de «clé de voûte de la biodiversité», d’«indicateur de la qualité ou de l’intégrité d’un habitat» et autres idées reçues qu’ils ont inspirées eux-mêmes, les auteurs constatent ceci: «Les loups ne méritent pas de tels labels. Si ceux-ci ont été de formidables moyens pour déclencher les émotions, obtenir et réunir rapidement des soutiens au rétablissement des loups, il nous faut prendre conscience que ce furent là des raccourcis pour vendre un produit, plutôt que de bonnes bases scientifiques.» Ils ajoutent enfin : «La gestion des populations en expansion doit recourir désormais à des arguments solides, cohérents, plutôt qu’à des poussées émotionnelles.» En tout état de cause : «Le loup devra être contrôlé partout où il revient. Dans la plupart des cas, le contrôle direct par destruction est habituellement l’unique voie possible.»

Auteure de : Le loup est revenu, Paris, Fayard, 2013.

Loup. La récré est terminée France Inter!

Le programme Medialoup lancé par les chasseurs de France et leurs partenaires, éleveurs, a permis de comprendre les bonnes pratiques de gestion du loup en Europe.

Posté par Fédération Nationale des Chasseurs

 

lcielogo_ny logo-onLa louveterie

Loup, l’attaque sur l’homme qui change tout

Jusqu’à présent, les attaques de loups ou autres prédateurs sur les troupeaux n’ont pas ému grand monde, en dehors des bergers et de leurs soutiens professionnels. Le week-end dernier, un adolescent a été attaqué par des loups. Et ça change tout!

Article publié par Wikiagri, le 10 juin 2015

Le jour où l’accident arrivera, plus personne ne pourra dire « on ne savait pas ». L’accident en question, c’est l’attaque du loup sur l’homme, avec séquelles. Le week-end dernier, un adolescent l’a échappé belle, il a pu témoigner, vous avez ci-dessous en vidéo son témoignage recueilli par les journalistes de La Provence. Il a été encerclé par des loups, il a réussi à les faire fuir avant d’être attaqué réellement. L’action s’est déroulée à Seyne (Alpes-de-Haute-Provence, massif des Alpes), elle aurait pu avoir lieu dans les Pyrénées… Ou même dans les plaines de l’Aube ou de la Haute-Marne où le loup s’est signalé en décimant des troupeaux!

On arrive donc à un point où le mythe de l’espèce protégée ne pouvant que croquer deux ou trois agneaux au passage mais qui fait bien dans le décor a vécu. Y compris pour ceux qui n’ont aucun égard pour le pastoralisme, pour tout ce que signifie la perte de troupeaux ovins et même des attaques sur bovins (il y en a eu). Car cette fois, nous sommes passés à l’étape supérieure : le loup attaque l’homme !

Oui, cette fois, tout le monde est concerné. Pas seulement les bergers, dont on fait si peu de cas. Pas seulement ceux qui ont eu les troupeaux décimés, de la Lozère aux Alpes en passant par l’Aube (ça fait tout de même beaucoup…), mais tout le monde. L’adolescent attaqué se trouve appartenir à une famille de bergers. Mais puisque le loup attaque l’homme, qui dit que demain ce ne sera pas un touriste ? Et pourquoi pas un de ces doux écolos rêveurs et crédules venus admirer les loups d’un peu trop près ?

Dégâts sur les troupeaux, un coût croissant pour les contribuables

Bien sûr, on peut tout à fait comprendre les urbains en quête d’évasion et de nature qui prêtent une forme de romantisme au loup depuis qu’ils ont lu, dans leur plus tendre enfance, les romans de Jack London décrivant l’espèce dans de grands espaces de liberté sur le continent nord-américain. Mais la réalité du terrain, chez nous en France, et à notre époque, n’est certes pas la même. Les attaques du loup ont, ces dernières années, décimé bien des troupeaux, à des fréquences de plus en plus élevées.

Voici quelques chiffres, éloquents. Ce sont les chiffres officiels des indemnisations de l’Etat aux bergers après les attaques du loup dûment constatées par les fonctionnaires. Regardez ces trois tableaux ci-dessous, copies d’écran de la source officielle citée, comparez-les. En 2012, 6131 victimes avérées du loup. En 2013, elles sont 6213. Enfin, en 2014, on passe à 8560 victimes officielles. Pour le contribuable, on est passé d’un coût légèrement inférieur à 2 millions d’euros à 2,6 millions.

Plus de 30 loups identifiés

Au cours des deux dernières années, 31 loups, dont sept femelles, ont été identifiés en Suisse, selon le centre de recherche Ecologie des carnivores et gestion de la faune sauvage (KORA).

Depuis 1988, 15 loups sont morts en Suisse. Huit ont été abattus avec une autorisation (sept en Valais et un dans les Grisons). Deux ont été victimes de braconniers (un dans le Valais et un dans les Grisons) et un autre a été abattu par erreur dans les Grisons.

Trois autres ont été écrasés par des trains dans les cantons de Berne, de Zurich et du Tessin. Un loup est mort en 1999 dans la région du Simplon après avoir été écrasé par un chasse-neige.

Chaque année, les loups tuent entre 100 et 300 animaux en Suisse. Les victimes sont principalement du gibier, des moutons et des chèvres, mais rarement des bovins.

Source: ats

Loup

Les attaques de loups sur l’homme sont extrêmement rares. Dans toute l’histoire de l’Amérique du Nord, seules deux attaques mortelles de loup sur l’Homme ont été répertoriées. Pour Gordon Buchanan, qui a plusieurs années d’expérience au contact de ces grands prédateurs, ceux-ci n’ont jamais représenté un danger préoccupant pour l’Homme. Pourtant, lorsqu’il se rend dans la zone reculée de Chignik, en Alaska, où la seconde des attaques mortelles s’est produite, il se demande s’il n’a pas sous-estimé les risques. Existe-t-il des loups mangeurs d’hommes?

Qu’est-ce qui pousse des loups en général timides et méfiants à s’approcher si près des établissements humains? Gordon espère par ses investigations comprendre ce qui a conduit à la mort de Candice Berner, la seconde victime, et comprendre pourquoi certains loups sont devenus tellement agressifs que l’Etat estime qu’ils doivent être extraits de leur habitat naturel.

Jusqu’à présent, l’Homme n’avait jamais été pris pour cible par le loup. Pourtant, depuis peu, plusieurs attaques dont deux mortelles ont été comptabilisées en Amérique du Nord. L’occasion pour Gordon Buchanan de mener l’enquête !

La chasse au loup est autorisée en Bosnie-Herzégovine: pourtant elle est signataire de la convention de Berne depuis le 1 mars 1992.

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Attaques mortelles récentes aux USA

La naturaliste Lynda Brook vient de sortir un dossier retentissant sur le loup dans lequel elle explique pourquoi le loup constitue un réel danger pour l’homme. Elle démontre à travers l’expérience des Etats-Unis, comment la France est en train de se fourvoyer, risquant ainsi des accidents et peut-être même des vies humaines.

On apprend que des loups blessés peuvent se ruer sur les chasseurs, que le loup ou une meute peut apprendre à exploiter les humains comme des proies. Un homme seul et robuste pourra se défendre de l’attaque d’un loup mais il ne survivra pas à l’attaque d’une meute…

Attaques mortelles récentes aux USA

Lynda Brooks fait ainsi état de plusieurs attaques mortelles récentes aux USA perpétrées sur des adultes. Elle rapporte comment le mythe, la légende du loup inoffensif s’est écroulée aux USA. « Le loup inoffensif est une tromperie (…) délibérément entretenu par ceux qui craignaient qu’une information valide concernant les dangers du loup n’entrave les projets de réintroduction et de protection », écrit-elle. Elle évoque une « vaste entreprise de désinformation » qui perdure de nos jours en France.
Son dossier rapporte également des observations et témoignages recueillis in situ, en France, auprès d’hommes et de femmes qui racontent leur rencontre avec les loups. Et cette rencontre fait froid dans le dos… La naturaliste analyse les dangers liés à l’évolution du comportement du loup sur le continent nord-américain, dont le dénominateur commun constant est l’accoutumance, « l’habituation » à l’homme. Conséquence directe: le taux d’agressions qui était très bas a augmenté ces dernières années.

« L’habituation » de l’homme, précurseur aux accidents

Autre remarque qui laisse songeur au regard de la situation en France, elle note que les attaques de loups aux Etats-Unis ne sont pas dues au manque de proies sur place mais liées à des opportunités. Et à partir du moment où le loup s’approche trop près des habitations, des animaux domestiques et de l’homme, ou trop près des élevages et des bergers, il se prédispose à «l’habituation». C’est cette habituation ainsi que la perte de la crainte de l’homme qui en découle, qui deviennent les dénominateurs communs, précurseurs des accidents.

Ces incidents sont, de ce fait, tout à fait transposables en France. Le loup présente des risques potentiels pour l’homme quand il a atteint un seuil d’habituation suffisamment élevé pour ne pas s’enfuir en présence de l’homme (c’est-à-dire, quand il s’éloigne à moins de 400 mètres) ou pour oser venir rôder, pire attaquer, tout près des bergeries ou des maisons. Difficile de ne pas faire le parallèle avec les nombreux témoignages vécus notamment par des éleveurs du sud de la France et qui racontent tous que le loup ne les craint plus.

Un risque pour les milieux périurbains

Autre remarque qui fait écho aux mesures imposées aux éleveurs, «plus il y a de dispositifs de protection, plus le loup devient audacieux et intrépide». Autrement dit, non seulement il s’y adapte mais il se prend au jeu de surmonter les obstacles qui le séparent de sa «récompense»: les troupeaux. Un peu comme un rat de laboratoire à qui l’on impose des épreuves pour décrocher le gros lot…

Lynda Brook conclut logiquement qu’il faut agir immédiatement si on ne veut pas que le loup périurbain, en France, pose autant si ce n’est davantage de problèmes qu’en milieu d’élevage. Autrement, la situation risque de devenir aussi aiguë en milieu périurbain qu’en certains milieux pastoraux.

Les mesures mises en place non seulement sont inefficaces mais elles aboutissent à créer une génération de loups intrépides, qui ne craint plus l’homme. Les loups n’hésitent pas à attaquer, dorénavant, en plein jour, en présence de l’homme et des chiens. La situation extrême en France est à ce titre celle vécue dans le parc du Mercantour.

La population devrait être avertie

En France le loup tue et dévore les brebis mais aussi les chiens, les chevaux, les ânes… Lynda Brooks conclut que la population devrait être avertie, à l’instar de la population nord-américaine, d’un minimum de gestes de sécurité et de prévention qu’elle énumère. « La protection du loup ne peut pas être conçue aux dépens de la sécurité de l’homme et de ses biens », rappelle-t-elle, comme si on l’avait trop vite oublié…

Elle trouve enfin du côté des Etats-Unis un espoir, une solution possible dans la gestion des loups : Grâce à cette gestion, semble-t-il efficace, certaines meutes peuvent même vivre près des troupeaux sans prélever de bétail et peu de meutes font des prédations d’animaux d’élevage. La condition de cette cohabitation est le résultat d’une politique de prélèvement radicale. « La raison se trouve au niveau de la crainte de l’homme et une gestion zéro tolérance en cas de prédation. »

La France a-t-elle perdu la maîtrise de la situation ?

En cas de problème, c’est la meute entière qui est tirée. L’enlèvement de la meute «à problèmes» n’empêche pas la survie de l’espèce mais protège l’homme et ses biens. Deux solutions ont fait leurs preuves : les tirs à partir d’avions ou d’hélicoptères et le piégeage organisé par des experts trappeurs.
Reste à savoir, s’inquiète Lynda Brook, si « en France on n’a pas déjà perdu la maîtrise de la situation». Selon elle, la cohabitation est possible avec l’homme, mais pas en présence de l’homme – à condition que le loup demeure furtif. (…) Le loup, ni bon ni méchant, ni démon ni dieu, est un animal sauvage potentiellement dangereux quand les causes et les conditions sont réunies. C’est le cas en France. »

Lynda Brook