Les bisons arriveront à Suchy dès l’été prochain

Le Canton a accepté le Plan sectoriel forestier englobant le périmètre destiné à accueillir des bisons d’Europe.

C’est une victoire d’étape décisive pour L’Association Bisons d’Europe de la forêt de Suchy. Dix ans après les premiers bondissements de ce projet unique en Suisse, le Canton de Vaud a approuvé le projet de cellule de conservation génétique des bisons d’Europe, espèce menacée (il ne reste qu’environ 1400 individus reproducteurs) à Suchy. Les premières bêtes, quatre ou cinq au maximum pour préserver le sol et la forêt, devraient arriver pour l’été 2018, selon un communiqué de l’association.

«Dans l’idée, nous accueillerons un seul mâle et quelques femelles, dont une qui a déjà donné des petits», détaille Alain Maibach, biologiste et responsable du projet. Il ajoute: «Nous ne sommes que des hôteliers. On ne choisit pas les animaux et on ne choisit pas où on les renvoie.»

Le biologiste insiste, ce projet n’a pas pour vocation de réintroduire le bison d’Europe en Suisse: «Le fait d’amener des bisons dans la forêt de Suchy est une délocalisation (ils viendront de Pologne). Nous voulons leur offrir les conditions idéales pour prospérer et, via leurs petits, assurer le brassage génétique de cette espèce plus trapue que son cousin d’Amérique. La consanguinité des bisons est un sérieux problème, qui les rend particulièrement vulnérables aux maladies bovines. Le risque serait donc de tous les perdre.»

De plus, laisser des bisons sauvages dans la nature en Suisse serait tout simplement impossible. «Imaginez un troupeau de vaches lâchées en plaine, poursuit Alain Maibach. C’est inenvisageable. Les bisons chercheraient à se nourrir et finiraient dans les cultures… Ou sur l’autoroute.»

Les animaux paîtront sur un terrain de plus de 40 hectares dans des grands enclos. «Nous avons une autorisation pour une dizaine d’années avec un contrôle tous les 5 ans, explique Alain Maibach. Il s’agira, notamment, de voir comment la forêt réagit à la présence des animaux. On ne peut pas le prédire, car cette expérience est une première, à tous les points de vue.»

(24 heures)

By |2017-12-09T10:59:07+00:009 décembre 2017|Articles de presse|0 Comments